7 anecdotes surprenantes de République Dominicaine

7 anecdotes surprenantes de République Dominicaine

Je voulais partager avec vous quelques anecdotes que j’ai vécu en République Dominicaine. La première fois que j’y ai voyagé en 2013, beaucoup de choses m’ont surpris. J’ai assisté à des évènements ou des faits qui montraient une culture si différente de la nôtre, que j’ai mis quelques fois du temps à intégrer l’information. Quand on dit que voyager ouvre l’esprit, je ne peux que confirmer, on voit les choses d’un autre point de vue. Et c’est aussi cela qui fait la richesse d’un voyage. On revient changé, bouleversé, heureux de tout ce que l’on a appris.

Pour peu que nous ôtions nos “lunettes d’occidentaux”, nous arrivons même à nous mettre à la place des gens que nous rencontrons et même les comprendre. L’important, c’est de ne pas juger. Nous ne savons rien du vécu et du quotidien de ces personnes.

Dans cette article j’évoque 7 anecdotes surprenantes, choquantes, amusantes en République Dominicaine. Ai-je éveillé votre curiosité? Okay alors c’est parti pour le récit.

Si Dios quiere

La très grande sociabilité des Dominicains

Les Dominicains sont très sociables. Si bien qu’ils disent “mi amor” à tout-va et à tout le monde. C’est vraiment très surprenant au début. Surtout quand on a l’habitude de la froideur de Paris. Un “mi amor”, c’est une juste une amabilité que l’on vous adresse. Pas forcément de drague là-dessous. Enfin, tout dépend si cela se transforme en “Mami chula que buena estas”… mais ça c’est une autre histoire.

Cela peut surprendre que vous êtes à la terrasse d’un bar et que la serveuse vient prendre votre commande et s’adresse à votre mari  :” Que quieres tomar mi amor?” (qu’est ce que tu veux boire mon amour?). Euhhh tu m’expliques pourquoi la dame t’appelle mon amour?

Homme faché

Et ensuite vient ton tour: ” Y para ti corazón?”. Ahhhh ouf, pas besoin de défendre mon territoire. En fait, on baigne dans le monde des bisounours. Et ça, vous allez le remarquer rapidement. Le policier, la vendeuse, le chauffeur de bus, la vendeuse de Pica Pollo (si ca ne vous dit rien c’est que vous n’avez pas lu mon article sur la gastronomie dominicaine !), tout le monde vous aime! Mi amor, corazon, mi reina, rubia, cariño, tous les qualificatifs affectueux y passent.

Cela tient au fait que l’on soit étranger me direz-vous… Pas vraiment parce que les Dominicains s’appellent ainsi entre eux. Et au final, je trouve cette habitude quand même agréable.

Les surnoms physiques et raciaux

En République dominicaine, si on veut s’adresser à vous mais qu’on ne connait pas votre prénom, on contourne le problème. Ainsi, il est plus que probable que vous entendiez dans la rue des personnes crier des qualificatifs basés sur l’aspect physique du style : “Rubia” (blonde), “Negro” (noir), “Moreno” (noir marron), chino (si vous êtes asiatique, vous êtes forcément chinois), flaca (maigre).

D’ailleurs, la première fois que j’entends un ami dominicain dire à une femme “gordita” (petite grosse), je suis outrée! Je ne peux pas m’empêcher de lui dire ” euh tu trouves cela normal de lui faire remarquer qu’elle est grosse? Tu ne penses pas que cela peut la vexer?”. Sa réaction, je vous la laisse à votre interprétation avec ce GIF (oui j’adore les GIF)

Obama en état de confusion

Les qualificatifs raciaux surtout. En toute simplicité, on s’appelle “petit blanc” ou “petit noir”. Improbable en Europe! Mais où sont les associations anti-racisme (rires)?

La superstition et les croyances religieuses

Les croyances et superstitions des Dominicains sont tellement nombreuses que je pourrais en écrire une thèse! J’en ai entendu des centaines, des plus probables aux plus farfelues. Des saints qui prennent possession d’un individu pendant une invocation (voir mon article sur la culture dominicaine), la ciguapa (créature d’apparence féminine qui vit dans les bois et qui a les pieds à l’envers). J’ai même pensé à plusieurs reprises que l’on se payait ma tête! Cette anecdote est de loin l’une des 7 anecdotes les plus surprenantes de République Dominicaine.

Les sorcières volantes

En séjour dans la péninsule de Samana avec des amis dominicains, nous sympathisons avec des jeunes dominicains de la région. Je ne sais même pas comment on en vient à évoquer ce sujet. Mais toujours est-il que l’un des jeunes nous dit: “Ici, à Samana, il y a beaucoup de sorcières”. Naïvement, je lance une blague “olala les hommes, toujours en train de vous plaindre des femmes”… Euh non en fait, on parle de vraies sorcières. Ok soit… pourquoi pas… ouvert d’esprit on a dit!

Oui sauf que les sorcières en République Dominicaine sortent la nuit, sur leur balai avec leur nez crochu et en ricanant, à l’affût d’un nouveau-né non baptisé pour boire tout son sang par le nombril ou le gros doigt de pied. La sorcière enlève sa peau et la laisse dans une jarre pour partir en mission la nuit. Alors là c’est trop. J’explose de rire. Si on se moque de moi, autant que je rigole avec eux… Mais non, le sujet des sorcières est un sujet sérieux pour les dominicains ruraux. Cela me vaut une dispute avec un de mes amis qui a failli être victime d’une sorcière quand il était petit et a été sauvé in-extremis.

Sorcière de république domincaine

Si vous comprenez l’espagnol, je vous invite à regarder cette vidéo sur les récits des habitants d’un village de Rep. Dom. Les habitants expliquent la manière dont deux sorcières sont entrées en collision en voulant montrer à une apprentie sorcière comment voler. Blessées, elles ont été conduites à l’hôpital. Les pauvres, j’espère qu’elles ont une bonne assurance.

L’approximation des dominicains

L’approximation en terme de temps, de distance, même en terme d’exactitude des informations. Ce qui peut paraitre amusant au premier abord, devient à la longue très exaspérant. Quand vous vous aventurez à demander une information à un dominicain, il est préférable de ne pas la prendre pour argent comptant. Car il y a 70% de chances qu’elle soit incorrecte, voir totalement fausse.

“Ahorita” cumulé à “si dios quiere” = ça s’annonce mal

Cette approximation peut devenir pénible si vous avez une organisation réglée comme du papier à musique. Il va falloir faire preuve de patience si vous êtes dépendant de quelqu’un là-bas. S’il vous arrive de demander à quelqu’un à quelle heure il peut vous déposer à la capitale, par exemple, et qu’il vous répond “ahorita”, dites vous que c’est mal barré. Au pire, ça n’arrivera pas, au mieux vous aurez attendu un long moment qu’il se décide.  “Ahorita” cumulé à “si Dios quiere…”, et bien il y a de grandes chances que ce soit foutu. Tellement frustrant, parce que si vous l’aviez su avant, vous vous seriez organisé autrement.

Demander sa route à un dominicain, c’est prendre le risque de ne pas arriver à destination dans la plupart des cas. Il ne vous indiquera aucun nom de rue mais plutôt des indications du type “tournez à gauche en vous montrant la droite”, ou bien “tu vas arriver au premier feu rouge, et bien c’est pas la, le deuxième, non plus…”. Tellement d’indications que vous vous y perdez. J’ai trouvé la vidéo suivante très représentative et à peine exagérée de mon constat.

Au même titre que lorsque vous demandez à un dominicain, combien de temps un trajet vous prendra pour aller d’un point A à un point B, la réponse sera souvent très loin de la réalité. Comme ce jour où j’ai décidé de me rendre au restaurant el Cabito (restaurant construit sur une falaise avec vue imprenable sur la baie de Samana) depuis le centre de las Galeras (Samana). Initialement, la marche devait durer, selon un habitant, 15 min. Au bout de 15 min de marche, on redemande notre chemin et on nous indique encore 15 min et ainsi de suite. Au total, une heure de marche.

La corruption

La corruption, c’est un grand mot. On en entend parler mais cela reste abstrait tant qu’on ne le voit pas. L’anecdote suivante s’est passée lors de mon deuxième voyage en République Dominicaine. En route pour Nagua, dans la jeepeta (4×4) d’un ami dominicain, nous partons pour y passer la journée à la plage. La bonne humeur règne jusqu’à ce que l’on croise un barrage de policiers. C’est assez impressionnant pour moi d’autant plus que c’est seulement mon 2ème voyage dans ce pays. “M**de, j’ai pas ma ceinture, on nous arrete à cause de ma ceinture, zut où est cette maudite ceinture de sécurité?”. Ma voisine de siège me regarde, amusée du genre “pourquoi tu veux mettre ta ceinture?”.

Para los refrescos

Contrôle des papiers, contrôle d’assurance, olala on a un fusil à pompe dans le véhicule (légal si on a le port d’arme), on va aller en prison! Grande naïve! J’entends le policier blablater, négocier et tout d’un coup, sans complexe, dire au conducteur: “il faut chaud, donne nous quelque chose pour un rafraichissant! Pa’ lo’ refre’co”.  Et le conducteur lui tend 200 pesos.. au calme. Là, je suis déstabilisée totalement. Personne n’a la ceinture, on a une arme, on ne nous demande pas ses papiers. Par contre, on nous demande de l’argent et on lui donne sans que cela surprenne personne. Personne à part moi!

Je demande quand même au conducteur s’il n’a pas eu peur d’être embarqué pour tentative de subordination. Encore une fois, tout le monde se paye ma tête. Non en fait, c’est le policier qui demande et le conducteur qui donne l’argent pour se débarrasser du policier “parce que sinon, il va chercher toutes les failles et ça va durer des heures“. Là, tous mes repères s’effondrent. On vient de se faire racketter par un agent de maintien de l’ordre qui sont censés nous protéger des délinquants.

La corruption, un problème majeur

La corruption de la police et de la justice est un problème majeur en République Dominicaine. Cela tient du fait que les salaires des policiers sont très bas. En 2013, lors de cette anecdote, ils étaient plus bas que le salaire moyen dominicain. Donc, certains n’hésitent pas à user de stratégie pour arrondir leurs fins de mois. Ce problème a fait grand bruit suite à une vidéo devenue virale d’un agent de police, parlant de son “sueldo cebolla” (salaire oignon – quand les policiers reçoivent leur salaire, ils pleurent tellement le salaire est bas). Depuis cette anecdote, leurs salaires furent revus à la hausse, et des opérations de destitution très médiatisées furent diffusées pour dissuader les policiers malhonnêtes.

Les armes

Avec la corruption, le port d’arme, c’est ce qui m’a le plus choqué. Je n’avais jamais vu d’arme de poing d’aussi près ni même touché. Quand j’ai vu mes “gardes du corps” avec une arme, cela m’a fait froid dans le dos et ne m’a pas franchement rassuré. C’est pour notre sécurité m’a-t-on rétorqué. Après, coup, je comprends que les dominicains qui ont un certain niveau de vie (possédant des entreprises, des propriétés ou même juste beaucoup d’argent) peuvent être des cibles faciles. Ainsi, ils préfèrent prévenir que guérir, et marcher armés.

En République Dominicaine, avec un port d’arme, on a le droit de posséder des pistolets, fusils et de se balader dans la rue avec le pistolet à la ceinture… façon cow-boy. Avec la corruption qui y règne, difficile de savoir qui a le port d’arme et qui ne l’a pas.

Dans les campagnes, quand ce n’est pas les armes à feu, ce sont les machettes. Surtout dans l’est du pays où la majorité des champs de cannes se trouvent. La machette est un outil de travail, dans les champs, les poissonneries… Mais elle peut venir une redoutable arme. Quand on se bat, on sort les machettes, comme un combat d’épée local.

Machete chez le poissonnier en République Dominicaine

Les Cabañas et la séduction

Pour finir sur une note plus légère, si vous allez en République Dominicaine, vous vous rendrez compte que le dominicain est un séducteur. Il aime se faire beau, se préparer, se parfumer pour séduire la femme qu’il veut conquérir. Pour se faire, il ne lésine pas sur les grandes déclarations d’amour dignes des meilleurs films Américains à l’eau de Rose. Quelques fois à la limite de la larme à l’œil.

Afin de pouvoir concrétiser, la République Dominicaine compte de nombreux hôtels, de type “love hôtel”, communément appelés “cabañas”. On les reconnait à Saint Domingue par leurs illuminations de type Las Vegas, bling-bling. Les zones les plus connues de Cabañas sont San Isidro, le 12 de Haina (avenida 30 de Mayo) et Manoguayabo.

Des nids d’amour discrets

Véritables nids d’amour, les cabañas sont plus ou moins luxueuses, surtout à Saint Domingue, tout dépend de la gamme que l’on choisit. La discrétion est garantie, on y rentre en voiture, on se gare dans un box individuel. On rentre dans la chambre sans fenêtre, entièrement de marbre, comptant un lit Double King size, bar de pôle dance, lumières criardes, des préservatifs, un grand écran, la musique qui hurle et quelques fois des jacuzzis.

Cabanas - anecdote en République Dominicaine

Photo prise du site hotel-dominican-republic.net

Au bout de quelques temps, une personne de la réception appelle sur le téléphone de la chambre pour prendre une commande et une trappe s’ouvre afin de prendre votre règlement… Et la nuit est à vous, ou l’heure. Parce que ces chambres sont louables à l’heure comme à la nuit.

Tarif des cabanas en République Dominicaine

Vous l’aurez compris ces chambres sont conçues pour des histoires d’un soir, des rendez-vous de couples illégitimes, ou même des couples qui souhaitent pimenter leur histoire et sortir de la routine.

J’aurais pu vous parler du dominicain qui parle tellement fort qu’on dirait qu’il est en colère, celui qui conduit comme si le code de la route n’existait pas en vous doublant par la droite sans clignotant, celui qui se baigne dans la piscine, la plage ou la rivière avec son t-shirt et son gobelet rempli de rhum ou du dominicain sentimental qui pleure en écoutant de la vieille bachata. Mais je crois qu’ils ont déjà pris assez cher avec cet article. Car même si, les dominicains ont des défauts (comme tout le monde), cela n’enlève rien à leur générosité, leur propension à l’entraide, et leur positivité, même lorsque tout semble perdu. Un peuple qui mérite que vous échangiez avec lui lors de votre prochain voyage.

N’hésitez pas à me laisser en commentaires vos anecdotes que vous avez pu vivre en République Dominicaine!

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